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Témoignage de Naouna Kamboa, infirmière au dispensaire de Poya
« Je suis infirmière au dispensaire de Poya. Ce qui m’a donné envie d’exercer ce métier, c’est l’envie d’aider les autres, d’être utile à la population. »
Pour devenir infirmière, j’ai suivi trois années d’études à l’école d’infirmière. Après l’obtention de mon diplôme, j’ai eu l’opportunité de travailler ici, au dispensaire de Poya. J’y avais déjà exercé auparavant, ce qui m’a donné envie d’y revenir.


Le métier au quotidien
En dispensaire, on ne sait jamais vraiment à quoi s’attendre dans une journée : c’est ce qui fait toute la richesse de ce travail. Bien sûr, il existe une organisation (prises de sang, soins programmés, etc.), mais une urgence peut survenir à tout moment.
Nous prenons en charge une grande variété de situations et de populations : du nourrisson à la personne âgée. Nos missions vont des soins curatifs aux soins préventifs et palliatifs. Les soins techniques sont importants, mais l’écoute et la relation humaine le sont tout autant.
Ce qui me motive le plus, c’est d’aider les gens. J’adore venir en aide, me sentir utile. La plus belle récompense est la reconnaissance des patients.
Les compétences essentielles
Ici, il faut avant tout savoir s’adapter :
- aux situations parfois imprévisibles,
- à la population,
- aux médecins qui passent puis repartent,
- aux différents collègues et à l’équipe.
L’adaptabilité, l’empathie et l’écoute sont les qualités les plus importantes pour exercer en Province Nord.
Travailler en Province Nord
Je trouve la population en Province Nord très accueillante et compréhensive. Même lorsqu’il y a un manque de personnel, les patients font preuve de patience dès lors qu’on leur explique la situation. Bien sûr, il y a parfois des moments plus compliqués, mais dans l’ensemble les habitants se montrent très respectueux.
Comparé à la Province Sud, où certaines personnes peuvent être plus procédurières ou stressées, l’environnement en Province Nord contribue à une atmosphère plus détendue.
Les difficultés rencontrées
Les principales difficultés viennent parfois de l’isolement et du manque de communication avec la hiérarchie. Les déplacements en tribu peuvent aussi être compliqués à cause des intempéries (inondations, routes difficiles d’accès).
Mais la difficulté la plus marquante reste celle liée aux émotions. Il y a des jours plus faciles et d’autres plus lourds, et il faut apprendre à gérer ces variations.
Ce qui me motive à continuer
Malgré tout, j’adore mon métier. C’est une véritable vocation. Ce qui me pousse à continuer, ce sont les patients, le sentiment d’être utile, la reconnaissance, mais aussi la proximité que nous avons avec la population.
Au dispensaire, nous avons le temps d’échanger, de discuter, de créer un lien de confiance. Les patients se sentent plus en sécurité ici qu’à l’hôpital, où le rythme laisse moins de place à la relation. Nous faisons aussi beaucoup de prévention, ce qui permet d’éviter des hospitalisations et de mieux accompagner les pathologies chroniques.
Pourquoi venir travailler ici ?
Pour moi, travailler en dispensaire, c’est :
- une grande variété de situations (de la petite blessure à l’accouchement, en passant par les urgences et les soins chroniques),
- une pluridisciplinarité enrichissante,
- une proximité unique avec la population,
- et un cadre de vie qui, même s’il n’a pas les plages des grandes villes, reste agréable et apaisant.
« Ici, on se sent utile, reconnu et proche des gens. C’est ce qui donne envie de rester. »

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